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L'ENCYCLOPÉDIE DU MISTÈRE
Réalité ou imaginaire? Les premières pages
du récit "Martin Mystère - Le mystère de la Heilige
Lance", (de l'Anschluss à la restitution de l'épée
à l'Autriche) respectent rigoureusement la vérité historique.
A partir de la 15ème planche, le récit prend tout doucement
un tour fantastique. Mais est-il vraiment fantastique ? Selon le colonel
Howard A.Buechner et le capitaine Wilhelm Bernhardt, auteurs de l'ouvrage
"Adolf Hitler and the secrets of the Holy Lance", la Heilige Lance
que les visiteurs admirent, de 9 heures à 18 heures sauf le dimanche,
dans la Weltliche Schatzkammer du Hofburg à Vienne est vraiment un
faux, comme dans l'histoire du "Détective de l'Impossible".
L'épée dans les glaces. Dans leur essai, publié
en quelques exemplaires seulement par une petite maison d'édition
de Stelle, Illinois (une ville-incroyable mais vrai- batie par une secte
convaincue qu'elle sera seule à etre sauvée à la fin
du monde), Buechner et Bernhardt prétendent que Himmler fit réaliser
secrètement par un artisan japonais, une reproduction parfaite de
la lance de Longin. En 1945, la fausse Heilige Lance fut expédiée
à Nuremberg, où elle subit les vicissitudes décrites
dans l'album, tandis que la lance authentique fut transportée, dans
le sous-marin U-530, dans un repaire secret des monts de glace Muhlig Hiffman
en Antarctique. La lance aurait été récupérée,
avec d'autres trésors du Reich, par une mystérieuse (et très
organisée) secte dénommée "Ordre des Chevaliers
de la Sainte Lance", et reposerait aujourd'hui dans une autre cachette,
surveillée par les Chevaliers. Leur objectif serait -pour notre plus
grande tranquillité- de maintenir "la justice et la paix dans
le monde".
Un monde de délires. Radars pointés vers le ciel
pour capter le reflet de l"'autre paroi" de la sphère creuse
dans laquelle nous vivons. Expéditions sur l'Himalaya, à la
recherche d'Agarthi. Une lance anc'ienne révérée comme
un objet magique. Le monde des glaces. La recherche de Thulé. Il
ne s'agit pas là des points de départ des aventures de Martin
Mystère, mais d'événements réels survenus pendant
l'une des plus funestes périodes de l'histoire de l'humanité:
le nazisme. Nous savons tout ou presque tout de son plus sulfureux partisan,
Adolf Hitler. Nous ne nous arreterons donc pas sur le personnage historico-politique,
ni sur ses crimes monstrueux. Nous traiterons en revanche des relations,
attestées historiquement, que Hitler entretenait de manière
obsessionnelle avec le monde de la magie et des pseudo-sciences. relations
qui rendent le personnage encore plus inquiétant et sinistre, si
cela est possible.
L'obsession d'Adolf Hitler. D'après August Kubizek, un des
rares amis de Hitler pendant sa jeunesse à Linz, en Autriche, les
obsessions magico-politico-raciales du futur Fuhrer se révèlèrent
brusquement vers 1904 alors qu'Hitler avait quinze ans. Après avoir
assisté à "Rienzi", I'opéra de Wagner consacré
à Cola di Rienzo, le jeune Hitler commenca à parler d'une
"mission que le destin lui réservait", et à dire
qu'il aurait "affranchi sa race de l'esclavage". Toujours selon
Kubizek, Hitler parla alors pour la première fois de cette voix hachée
et caractérisée par de violents accès de colère
qui devait devenir tristement célèbre dans ses discours délirants,
et qui n'était pas sa voix "normale". "Il en semblait
etonné lui-meme - écrit Kubizek - comme s'il entendait le
discours d'un autre sortir de sa propre bouche".
Les premiers symptomes d'une forme de schizophrénie qui ne l'aurait
plus quitté de toute sa vie ? Probablement. Toujours est-il qu'à
partir de ce moment, Hitler commen,ca à s'occuper presque à
temps plein de mystique orientale, d'astrologie, d'hypnose, de mythologie
germanique, et d'occultisme. Il était maladivement fasciné
par la thématique ésotérique des oeuvres de Wagner,
dont il découvrit bientot la source d'inspiration: les poésies
médiévales de Wolfram Von Eschenbach auteur d'un "Parzival"
à la complexe symbolique hermétique. Un personnage du poème
le frappa tout particulièrement. Il s'agissait d'un certain Klingsor,
qui d'après lui était la transposition littéraire d'un
personnage réel, le tyran Landolfo II de Capoue, excommunié
en 875 pour avoir pratiqué la magie noire dans l'intention d'acquérir
le pouvoir absolu. Selon toute probabilité, Hitler s'identifia à
lui, aussi parce qu'il souffrait du meme défaut physique: tous deux
n'avaient qu'un seul testicule (à ce propos, les Alliés chantaient
"Hitler has only one ball", sur l'air du "Pont de la rivière
Kwai", chanson sans doute inventée par les services secrets
anglais à des fins de dénigrement). En 1909, Hitler prit contact
avec Jorg Lanz Von Liebenfall, ex-frère fondateur d'un ordre ésotérique
dénommé "Les Nouveaux Templiers", qui prechait,
entre autres, la supériorité de la race germanique.
Les Maitres Inconnus. Les Nouveaux Templiers n'était pas l'unique
secte ésotérique de l'Allemagne pré-nazie. Entre 1900
et 1930, comme toujours dans les périodes de crises et de confusion
idéologique, de nombreux Allemands cherchaient dans le surnaturel
les certitudes et l'identité qui leur manquaient dans le monde réel.
Dans le droit fil de la doctrine de la "Société théosophique"
américaine et de la "Golden Down" anglaise, et sans doute
inspirés par une interprétation erronée de la philosophie
du "Surhomme" de Nietzsche, virent le jour de nombreux "ordres"
caractérisés par l'idée obsessionnelle d'une Race supérieure
commencée des millénaires plus tot par des "Maltres inconnus".
Ces derniers étaient des demi-dieux qui controllaient les destinées
du monde, cachés -selon les cas- dans les entrailles de la terre,
dans de profondes galeries creusées dans l'Himalaya, ou dans d'autres
lieux mythiques et inaccessibles. Pour la "Société des
Vril" (le Vril étant l'énorme énergie que nous
n'utilisons qu'en partie dans la vie quotidienne, le noyau de notre potentiel
divin), les Maltres inconnus se trouvaient dans les entrailles de la terre,
et il n'était possible de devenir semblable à eux qu'en purifiant
la race. Pour le "Groupe de Thulé", une civilisation d'Hommes
Supérieurs s'était développée dans le désert
de Gobi trois ou quatre mille ans plus tot, et avait été détruite
par une catastrophe qui avait fait de la région le désert
actuel. Une partie des survivants se seraient transférés au
Tibet d'autres dans l'Europe du Nord, donnant ainsi naissance à la
race aryenne (preuve en était selon eux l'analogie entre le nom du
royaume nordique Asgard, et Agarthi, le mythique centre spirituel caché
au Tibet). Un "ingénieur" autodidacte, Hanns Horbiger,
élabora en 1925 une théorie délirante sur le "monde
des glaces" selon laquelle l'univers est né de la collision
de blocs de "glace cosmique" doué de mouvement en spirale
(?), avec d'énormes masses de feu. De la glace, qui refroidit ame
et esprit, seraient nés sur la Terre les Maltres inconnus, dispersés
par différents cataclysmes, comme celui de l'Atlantide, mais destinés
à se réorganiser en nation germanique. La "Théorie
de la Terre creuse", inventée par John Cleves Symnes en 1818
fut accueillie avec enthousiasme: quelle meilleure cachette pour une Civilisation
supérieure d'origine aryenne ? Selon un certain Bender, qui fonda
le groupe "Hohl Welt Lehre", I'humanité vivait à
l'intérieur d'une sphère dont le Soleil constituait le centre.
La nouvelle Thulé. L'obsession de Hitler pour ces théories
ésotérico-raciales le conduisit-il à entreprendre une
carrière politique pour les mettre en pratique, ou bien les adopta-t-il
a posteriori comme fondements "philosophiques" de sa politique
? Selon toute probabilité, les deux obsessions interagirent. Le fait
est qu'Adolf Hitler fit sien ce magma théorique, et il est inutile
de rappeler les horreurs qu'il déchama pour créer la fameuse
"Race supérieure" à laquelle devait etre confié
le destin du monde. Qu'il y croie ou non, comme on dit, "qu'il en crève"
(mais la première hypothèse est la plus probable).
Hitler s'entoura de légions entières de mages, astrologues,
occultistes, chercheurs en psychisme, alchimistes. Ce n'est pas un hasard
si, en 1920, il choisit un symbole magique, la svastika, comme emblème
du parti national-socialiste. Il le fit sur une suggestion de Friedrich
Krohn, un occultiste du groupe Germanenorder, mais exigea une modification:
I'orientation des bras de la svastika fut inversée, transformant
ainsi ce symbole solaire et positif en symbole nocturne et négatif.
En 1933, après la prise du pouvoir par Hitler, le Reichsfuhrer et
fondateur des sinistres S.S. (Schutzstaffel, "force de protection")
Heinrich Himmler, aussi connu sous le nom d"'Apprenti-Sorcier"
à cause de sa dévotion maniaque aux arts magiques créa
une véritable religion néo-paienne. Comme centres du culte,
il choisit Exernsteine, le "Stonehenge allemand", et surtout Wevelsburg,
où fut construite une véritable cathédrale ésotérique,
avec une table ronde pour treize convives (Himmler et ses "douze apotres"),
autour de laquelle se préparait le génocide des "races
inférieures" et des homosexuels. Là, les jeunes S.S.
(dont la généalogie était contrólée jusqu'à
1750, pour vérifier qu'aucun d'entre-eux n'avait de sang juif) subissaient
un rite d'initiation, après lequel ils pouvaient endosser l'uniforme
noir et porter la tete de mort d'argent. Himmler s'occupait aussi de cérémonies
de conjuration contre des symboles ou des monuments qu'il jugeait de mauvais
augure; pendant la guerre, il cultiva l'obsession de détruire les
cloches d'Oxford, qui d'après lui portaient malheur à la Luft~vaffe,
I'aviation allemande, et les empechaient de frapper efficacement le territoire
anglais . En 1938, au moment de l'Anschluss, I'annexion forcée de
l'Autriche, Hitler s'empressa de mettre la main sur la Heilige Lance. Différentes
expéditions au Tibet à la recherche de la mythique Agarthi
et du Saint Graal remonteraient aux années précédant
immédiatement la guerre. Dans "Le matin des magiciens",
Jacques Bergier soutient que les expéditons continuèrent jusqu'en
1943, mais le fait n'est pas attesté. En revanche, il est avéré
qu'après la chute de Berlin, les Soviétiques retrouvèrent
les cadavres de nombreux Tibétains en uniforme allemand. Qui étaient-ils,
et que faisaient-ils là ? En ce qui concerne les pseudo-sciences,
Hitler ne fut pas seulement un grand adepte d~ Horbiger, mais aussi de la
théorie de la "Terre creuse" de Bender. En avril 1942,
une expédition commandée par le Docteur Heinz Fischer installa
sur Ihle de Rugen, en Mer Baltique, un ensemble de couteux radars expérimentaux,
et les pointa à 45deg. vers le ciel. But de l'expérience:
repérer l"'autre paroi" de la terre creuse sur laquelle
nous vivons. Objectif militaire: faire rebondir des rayons infrarouges et
localiser les vaisseaux ennemis en quelque point de la terre qu'ils soient.
L'information, incroyable mais vraie est rapportée dans le très
sérieux ouvrage du célèbre scientifique américain
Martin Gardner "Fads and fallacies in the name of science" (Absurdités
et mensonges au nom de la science).
Le mage noir. Jusqu'à présent, nous avons rapporté
des faits attestés. Mais selon certains chercheurs, Hitler n'était
pas seulement un paranoiaque obsédé de magie, une distraction
qu'il pouvait se permettre dans la position où il était. Il
aurait été un véritable sorcier, un initié "de
la main gauche", un très puissant et très clairvoyant
"mage noir", qui aurait conclu un pacte avec les puissances obscures,
auxquelles il offrait des sacrifices rituels en échange du pouvoir
absolu, comme son prédécesseur et modèle Léopold
II. Cette alliance expliquerait sa fulgurante carrière, et l'inexplicable
charisme que le Fuhrer, physiquement déplaisant et totalement privé
de charme, réussissait à exercer à un niveau quasi-hypnotique,
sur d'immenses foules. Autre hypothèse, encore plus sinistre: Hitler
n'était pas le vrai sorcier, mais il y en avait un autre, qui tirait
les fils, et s'en servait comme d'une marionnette. Y-avait-il vrai ment
quelqu'un au-dessus de Hitler ? Si oui qui était-il, et qu'est-il
devenu ? Dans son ouvrage très documenté "The secret
war", I'historien et romancier Dennis Wheatley soutient qu'entre 1940
et 1945, audelà de la guerre "matérielle", une autre
guerre avait lieu, à coup de magie: de puis sants sorciers "blancs"
de toutes les nationalités se seraient coalisés contre Hitler
et ses mages, en les attaquant au niveau psychique. En Angleterre, les activités
des "mages blancs" auraient été coordonnées
par une section spécialisée des Services secrets, créée
avec l'autorisation de Churchill. Parmi les plus puissants "opposants
psychiques" à Hitler en Italie se trouvait-dit-on le père
Pio de Pietracilna; en Allemagne (ce qui est attesté historiquement)
le psychothérapeute personnel de Himmler, Felix Kersten, un medium
très sensible dont le Reichsfuhrer était littéralement
dépendant, et qui réussit à sauver la vie de centaines
de Juifs (Kersten fut par la suite décoré par les Alliés
pour "services rendus, d'un prix incomparable"). En effet, après
sa prise du pouvoir, Hitler s'était immédiatement empressé
de faire exterminer tous les astrologues, mediums et para-psychologues allemands,
à l'exception de ceux qui travaillaient directement pour lui, probablement
pour intimider ceux qui auraient pu se liguer contre lui. Mais cette précaution
était à l'évidence insuffisante. Hitler ne pouvait
échapper au destin de tous ceux qui font alliance avec le Malin:
la destruction, une orgie de sang et de ruines. Enfermé dans un bunker
du sous-sol d'un Berlin rasé à terre par les bombes et dévasté
par les incendies, le Fuhrer attendit le 30 avril 1945 pour se suicider.
C'était la veille de la nuit de Valpurgis, la nuit au cours de laquelle
les puissances des ténèbres célebrèrent leur
triomphe.
RENNES-LE-CHATEAU
Le secret du curè. En 1892, le curé de Rennes-le-Chateau,
François Béranger Saunière, découvrit, à
l'occasion de travaux de réparation de son église, des manuscrits
du XIlle siècle. Ce fut le début d'une affaire désormais
vieille de plus de cent ans. En effet, jusqu'à cette année
1992, le curé avait da se donner grand mal pour équilibrer
les comptes de sa paroisse. Après la découverte des parchemins,
tout changea brusquement. Saunière montra les parchemins à
l'éveque de Carcassonne, puis obtint la permission de se rendre à
Paris, ainsi que l'argent nécessaire, afin de faire examiner les
manuscrits par un spécialiste. Il séjourna trois semaines
dans la capitale, en passant la majeure partie de son temps au Louvre, et
acheta des reproductions de différents tableaux, dont une toile de
Nicolas Poussin intitulée "Les Bergers d'Arcadie". Ce tableau,
peint en 1640, représente un sarcophage portant l'inscription "Et
in Arcadia Ego". Le sarcophage existait véritablement, non loin
de Rennes-le-Chateau. Bien qu'en théorie Poussin ne soit jamais allé
dans cette région, le paysage formant le fond du tableau semblait
coincider avec le paysage réel. Cependant, les travaux se poursuivaient
dans l'église. Une plaque de pierre fut trouvée sous le pavement.
Elle fut déplacée, mais Saunière seul put voir ce qu'elle
cachait. A partir de ce moment, le curé commen,ca à accomplir
de longues explorations des lieux environnants. Peu après, les travaux
de restauration reprirent. Mais cette fois, avec un grand déploiement
de moyens: I'argent se mit soudain à couler à flots. Le curé
semblait en posséder désormais une quantité illimitée.
Saunière acheta de nombreux terrains autour de l'église, y
fit aménager une "promenade" en demi-cercle, et fit édifier
une tour, qu'il appela "Tour Magdala" en l'honneur de Sainte Marie-Madeleine.
Saunière paya tous les travaux de sa poche, sans cesser, jusqu'à
sa mort, en 1917, de disposer de grosses sommes d'argent. Quelle était
l'origine de cette soudaine richesse ? Et pourquoi le pretre avait-il voulu
que soit gravé sur le portail de l'église la phrase "Terribilis
est locus iste", "Ceci est un lieu terrifiant" ?
Le tresor maudit. Pendant près de soixante-dix ans, I'énigme
de la soudaine richesse du curé fut reléguée parmi
les "mystères locaux". Puis, en 1968, Gérard de
Sede, ésotériste et écrivain spécialiste des
trésors cachés, raconta l'histoire de Saunière dans
son étrange livre "le Trésor maudit". D'après
de Sede, le pretre avait déchiffré un code complexe qui mettait
en jeu, outre les manuscrits, le tableau de Poussin, et conduisait à
un "trésor maudit". Les raisons pour lesquelles ce trésor
est qualifié de "maudit" ne sont pas très claires,
mais justifient la phrase "Terribilis est locus iste". Ce trésor
proviendrait du Temple de Jérusalem. Grace au succès du "Trésor
maudit", le nom de Rennes-le-Chateau devint brusquement célèbre.
En 1970, un journaliste anglais, Henry Lincoln, réalisa, après
avoir enqueté sur le sujet, trois documentaires pour la BBC: "The
Lost treasure of Jerusalem ?", "The Priest, the painter and the
devil", et "The Shadow of the Templars", qui nourrirent la
curiosité autour de l'affaire. Au cours d'entretiens avec Gérard
de Sede, Lincoln obtint la conviction que ce dernier faisait partie d'une
mystérieuse confrérie, le "Prieuré de Sion",
et qu'il avait parsemé son "Trésor maudit" d'indices
destinés à ce que "quelqu'un d'autre" puisse continuer
sa quete. Partant de ce présupposé, Lincoln écrivit
en 1982, avec Michael Baigent et Richard Leigh, "The Holy blood and
the Holy Grail".
L'une des étymologies possibles du mot "Graal" - la
coupe dans laquelle, selon la légende, Joseph d'Arimathie recueillit
le sang du Christ mourant sur la croix - inclut le préfixe "San".
"San Graal" serait une transcription erronée de "Sang
Real", "Sang royal". Le sang en question est bien entendu
celui du Christ, contenu dans la coupe, mais pour Baigent, Leigh et Lincoln
le terme désigne la descendance de Jésus. Ayant survécu
à la crucifixion, le Sauveur aurait engendré des fils, dont
serait issue la dynastie fran~caise des Mérovingiens. Les mystérieux
documents découverts par Saunière en IX92 auraient été
un point de départ permettant de retrouver d'autres documents qui
prouveraient que, loin de .s'etre éteints en 751, les Mérovingiens
(et donc les descendants directs du Christ) existeraient encore, protégés
de près par le "Prieuré de Sion". Toujours d'après
nos trois chercheurs, I'objectif du Prieuré - dont auraient été
Grands Maltres, entre autres Nicolas Flamel, Léonard de Vinci, Ferrante
Gonzague, Robert Fludd, Victor Hugo, Claude Debussy et Jean Cocteau - est
de rétablir la monarchie le moment venu. La société
secrète constituerait une "synarchie", ou gouvernement
occulte, qui influence depuis presque mille ans les choix (politiques ou
autres) des gouvernements officiels. Malheureusement, font remarquer Baigent,
Leigh et Lincoln dans leur livre suivant, "The Messianic Legacy"
(L'héritage messianique 19X6), le "Prieuré" se serait,
dans les derniers temps, partiellement corrompu, et certains de ses éléments
seraient en contact étroit avec la Mafia, la Loge P2 et "certains
hommes politiques italiens".
Le lieu sacrè. Au-delà des secrets révélés
par les livres cités, les documents découverts à Rennes-leChateau
en auraient contenu un autre plus inquiétant encore, que meme le
curé Saunière n'avait pas percé. En partant des parchemins
et du tableau de Poussin et en déchiffrant des codes tout d'abord
simples puis de plus en plus complexes, Lincoln aurait découvert,
autour de Rennes-le-Chateau, les coordonnées d'un vaste ensemble
de lieux sacrés reliés entre eux par de grands "alignements".
Avec la logique rigoureuse (mais peu engageante pour les non-spécialistes)
d'une démonstration mathématique. Lincoln réussit à
prouver comment ces lieux sont alignés sur d'autres, et ceux-ci à
d'autres encore, jusqu'à former un "pentacule parfait",
une immense étoile à dix branches parfaitement régulières,
avec à son centre le site de Coustlaussa. Ce vaste territoire constituerait
un immense "lieu sacré", un incroyable temple à
la Déesse Mère (la Terre) élevé par les mystérieux
batisseurs du Néolithique qui - sur une plus petite échelle
- avaient édifié Stonehenge, Avebury et autres sites mégalithiques
d'Europe.
Vrai ou faux ? Du point de vue logique, la démonstration de Lincoln est imparable. Il faudrait cependant vérifier qu'elle ne puisse s'appliquer à n'importe quel autre lieu de la terre (I'auteur prétend que non). Ie fait e.st que les hypothèses concernant le "Mystère de Rennes-le-Chateau" continuent à se multiplier: au début des années quatre-vingt-dix, les livres consacrés à ce sujet (dont "Rennesle-Chateau, capitale secrète de la France") dépassent largement la cinquantaine. et leur nombre continue de croltre.
TESLA, NIKOLA
En avance sur son temps Nikola Tesla était né en 1856
à Smilian, en Serbie, dans ce qui était alors l'empire austro-hongrois.
En 1884, il se rendit à New York, avec certains de ses articles écrits
à Paris et Belgrade, des notes pour la construction d'une machine
volante, un recueil de poésies, et quatre cents. Mais il avait
en tete tous les détails d'un "générateur de courant
alternatif polyphase", un appareil destiné à transformer
le courant continu en coúrant alternatif, adopté dès
1895 par toutes les centrales hydroélectriques. Tesla se mit immédiatement
à travailler pour Edison, pour lequel il dessina 24 types de dynamos;
après s'etre mis à son compte, il fit breveter trente inventions
importantes en une seule année. Il était devenu un savant
reconnu auquel ne manquaient ni l'argent ni le succès. Pourtant,
en 1943, il mourut seul, et aigri, car il n'était pas parvenu à
imposer certains de ses projets dans le domaine des ondes électromagnétiques.
Véritable précurseur des expériences radiophoniques,
il avait, en 1898, expérimenté publiquement un bateau radio-commandé,
au Madison Square Garden de New York. L'année suivante, il possédait
une station émetteur à Colorado Springs dans les Montagnes
Rocheuses. En 1912, on lui proposa le Prix Nobel, qu'il refusa, car il s'estimait
offensé de ne pas l'avoir re,cu en 1909 à la place de Marconi.
Energie transmise par voie aerienne. Contrairement à son rival
italien, Tesla ne se contentait pas de transmettre de petites quantités
d'énergie sous forme d'ondes radio: il prétendait transmettre
par la voie des airs de grandes quantités de courant, destinées
à l'usage domestique ou industriel. Imaginez en somme l'électricité
arrivant chez vous, sans fil, mais avec une simple antenne, comme les signaux
radio ou télé. Pure science-fiction ? Il semblerait bien que
non. En effet, en 1899, à Colorado Springs, le savant réussit
à trans- mettre, par le moyen d'un générateur d'un
type nouveau, I'énergie nécessaire pour allu- mer 200 ampoules,
à une distance de 40 kilo- mètres. Le magnat John Pierpoint
Morgan s'intéressa à son invention et lui financ,a un projet
encore plus ambitieux, dit "Système mondial". Tesla prétendait
employer les "vibrations électriques" naturelles de la
terre pour obtenir une énergie pratiquement gratuite. Mais les choses
commencèrent à mal tourner. Morgan retira son soutien, et
Tesla fut contraint de faire démolir ses installations. Il sombra
dans une profonde dépression, se retira de la scène scientifique,
après avoir imaginé, en 1934, un appareil aux caractéristiques
très voisines de celles du laser. C'était un pacifiste convaincu,
qui écrivait: "On ne peut abolir la guerre en la décrétant
hors la loi; le seul moyen pour l'éviter est de faire en sorte que
chaque nation soit en mesure de se défendre. J'ai eu la chance de
développer une idée nou- velle qui peut etre employée
de manière essen- tiellement défensive. Grace à elle,
il est possible de détruire tout ce qui s'approche dans un rayon
de 320 kilomètres."
Un compiot international. Comment se fait-il que l'invention la plus
importante de Tesla, I'extraordinaire système de transmission de
l'électricité sans fil, n'ait jamais vu le jour ? Ici, I'histoire
tourne au roman policier. Elle part des notes, disparues après la
mort de Tesla, qui auraient permis de reconstituer le fameux "SYstème
mondial". s'estimait 1909 à la Une partie de ces notes a été
confisquée par le FBI, et aucun scientifique, à ce qu'on dit,
n'a jamais pu les examiner. D'après certaines rumeurs, les projets
de Tesla se seraient retrouvés dans les pays de l'Est, où
les savants soviétiques les auraient rendus opérationnels.
Le fait est que, si on en croit certains chercheurs, I'"invention humanitaire"
de Tesla recelait un immense potentiel de destruction: les "Ondes ELF'
(Extra Low Frequency. fréquence ultra-basse) générées
par son appareil pourraient créer un black-out radiophonique à
échelle mondiale, déchamer des tempetes, influencer les comportements.
Pendant la guerre froide, le scientifique Andrew Mikrowski affirma que "les
Russes mènent des expériences basées sur les projets
de Tesla, et ils ont réussi à changer le temps atmosphérique
dans différentes régions de la terre."
La revanche de Tesla? En 1988, deux brevets "mineurs" de
Tesla, oubliés depuis des années au "Patent Office",
ont été mis en production: ils ne sont "mineurs"
que parce qu'ils ne possèdent aucun attribut fantastique, mais ils
se sont révélés d'une grande utilité dans le
domaine de l'aéronautique. Il s'agit d'un type particulier de pompe,
et d'une turbine sans pales. Dans les deux cas, le frottement (et par conséquent
l'usure des pièces) est réduit à presque rien, ce qui
garantit une durée de vie supérieure, et surtout, une plus
grande sécurité. Mais la vraie "revanche de Tesla",
c'est la redécouverte de son "Système mondial".
A vrai dire, il y eut deux redécouvertes. La première une
série d'expériences menées par un certain Robert Golka,
qui reconstruisit les appareils de Colorado Springs- fit faire la grimace
à la communauté scientifique. La seconde, cependant, provenait
d'un éminent physicien du MIT et de Columbia University, Bernard
Eastlund. Eastlund, conseiller de l'ARCO, la grande multinationale pétrolière,
se trouva aux prises avec un problème complexe. Dans le sous-sol
de North Slope en Alaska gisent environ trois trillions et demi de mètres
cubes de gaz naturel, ce qui représente la totalité des besoins
en énergie des EtatsUnis. Ces immenses ressources ne peuvent pourtant
pas etre exploitées. Pour ce faire, il faudrait en effet construire
un gazoduc pour transporter le carburant, ou encore construire sur place
une centrale qui convertisse le gaz en énergie, puis transporter
l'énergie (par exemple, sous forme d'électricité, par
pylones et fils). Mais ces deux solutions n'étaient ni économiques
ni vraiment réalisables. La solution idéale - pensa Eastlund
- aurait été l"'impossible" invention de Tesla.
En travaillant en simulation sur ordinateur (méthode qui n'existait
pas du temps de Tesla), Eastlund a élaboré une sorte d'énorme
antenne capable d'irradier l'énergie électromagnétique
sous forme d'ondes radio jusqu'aux confins de l'atmosphère. Et, toujours
par simulation, il a découvert avec terreur qu'une fois proche de
la ionosphère, une telle quantité d'énergie pouvait
causer ces effets "fantastiques" décrits par Andrew Mikrowski:
black-out complet des communications, bouleversements atmosphériques,
possibilité de détruire des appareils en vol.
L'homme venu d'ailleurs. La faisabilité des inventions de
Tesla reste donc encore une énigme. Mais le "Commandant X",
"ex-membre de l'intelligence militaire en contact à haut
niveau avec le Gouvernement", n'a aucun doute: elles fonctionnent parfaitement.
Dans son livre Nikola Tesla and the White Dove, le mystérieux
Commandant soutient que le savant était un etre bienveillant venu
de l'espace, doué des connaissances superleures propres aux "aliens".
Son objectif était d'offrir au monde une énergie gratuite
et illimitée, capable aussi d'annuler la force de gravité.
Mais le gouvernement américain complice d'un complot inter-planétaire
contre l'humanité déclenché depuis des millénaires
aurait préféré se rendre maltre de ses inventions et
les employer à ses propres fins: il les expérimente dans une
base secrète du Nevada, d'où proviennent les OVNI, et à
laquelle le "Commandant X" a consacré un autre de ses nombreux
ouvrages.